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Lexique
de la langue française
A
· Abyme (mise en)
n. f.
A l'origine, il s'agit d'un terme d'héraldique qui désigne
le point central d'un écu lorsque ce point figure lui même
un écu. Plus généralement, on désigne
ainsi le procédé qui consiste à répéter
(parfois à l'infini) un élément à l'intérieur
d'autres éléments similaires au premier. Ainsi, les
«poupées russes», emboîtées les
unes dans les autres créent une mise en abyme, de même
que deux miroirs situés l'un en face de l'autre qui se renvoient
leur reflet à l'infini. C'est aussi le cas lorsqu'une caméra
filme un écran contrôle qui retransmet sa propre image.
On parle alors de «vidéo-feedback» ou «larsen
image».
En littérature, ce terme désigne l'enchâssement
d'un récit à l'intérieur d'un autre. Certains
écrivains ont ainsi présenté dans leurs romans
des écrivains... qui écrivent. Il y a alors histoire
dans l'histoire. Le même procédé peut être
utilisé au théâtre, lorsque des acteurs jouent
des personnages qui jouent eux-mêmes -par exemple avec des
déguisements- le rôle de quelqu'un d'autre (théâtre
dans le théâtre).
· Accumulation
n. f.
Assemblage de mots en grand nombre, de façon à mettre
une idée en valeur.
· Acception n.
f.
Sens particulier d'un mot, admis et reconnu par l'usage (= sens,
signification)
Un terme qui a de nombreuses acceptions est polysémique.
· Adaptation n.
f.
Traduction très libre d'une pièce de théâtre,
comportant des modifications nombreuses qui la mettent au goût
du jour ou qui la rajeunissent (ex: les adaptations de Shakespeare)
Transposition à la scène ou à l'écran
d'une œuvre littéraire d'un genre différent (surtout
romanesque)
On peut parler d'adaptation lorsqu'une pièce de théâtre
ou un roman devient un film, par exemple ou bien lorsqu'un roman
devient une pièce.
· Alexandrin n.
m.
Vers qui comporte douze syllabes.
Dans sa structure classique, l'alexandrin est divisé en deux
hémistiches séparés par une césure.
Ma jeunesse ne fut // qu'un ténébreux orage (Baudelaire)
hémistiche césure hémistiche
6 // 6
· Allégorie
n. f.
Elle consiste à représenter de façon imagée,
en la matérialisant, une idée abstraite. Le plus souvent,
il y a personnification. L'emploi de la majuscule permet, en général,
de l'identifier. L'allégorie est aussi un symbole.
Ex: «Le Temps mange la vie» (Baudelaire)
-> Ici le temps est matérialisé par l'image d'un
monstre qui dévore la vie de l'homme.
· Allitération
n. f.
L'allitération est une répétition d'un même
son consonne.
Le cas le plus célèbre d'allitération se trouve
chez Racine:
«Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes»
Il s'agit ici d'une allitération en [S]
· Allusion n. f.
Manière de s'exprimer sur une idée, une personne ou
une chose, etc., sans la nommer explicitement mais par simple évocation
; suppose, de la part du lecteur, la connaissance de la situation
ou de la référence culturelle
évoquée par l'écrivain.
· Anagramme n.
f.
Mot obtenu par transposition de l'ordre des lettres d'un mot:
Ex : «Marie» et «Aimer»
François Rabelais, à un moment où
il ne voulait pas être reconnu, avait choisi pour pseudonyme
l'anagramme de son vrai nom: Alcofribas Nasier.
· Analepse n. f.
Retour en arrière, récit d'une action qui appartient
au passé (=flash back)
· Analogie n. f.
Mise en relation de deux objets, deux phénomènes,
deux situations qui appartiennent à des domaines différents
mais font penser l'un à l'autre parce que leur déroulement,
leur aspect, présentent des similitudes.
Le raisonnement par analogie est la recherche d'une conclusion à
partir de cette mise en relation.
La métaphore et la comparaison sont des figures de l'analogie.
· Anaphore n. f.
Figure de style caractérisée par la répétition
d'un terme en tête d'un groupe de mots ou d'une phrase.
Ex: Marcher à jeun, marcher vaincu, marcher malade (Hugo)
On note que cet énoncé comporte aussi un parallélisme
de construction.
· Antiphrase n.
f.
Cette figure de style consiste à dire le contraire de ce
qu'on pense, tout en montrant qu'on pense le contraire de ce qu'on
dit. Ce procédé est le support essentiel de l'ironie.
Le contexte est important, puisqu'il permet de découvrir
si une phrase est ironique ou non.
· Antithèse
n. f.
Figure de style qui met en parallèle des mots qui désignent
des réalités opposées. Elle est souvent renforcée
par un parallélisme de construction.
Ex: Certains aiment la nuit comme d'autres vénèrent
le jour.
Le mot également utilisé pour définir, dans
un texte argumentatif, la réfutation
· Antonyme n. m.
et adj.
Contrairement aux synonymes, les antonymes sont des mots dont le
sens est opposé.
Ex: Petit et grand. Minuscule et immense...sont des antonymes.
Les antithèses et les oxymores sont construits grâce
à l'antinomie.
· Aparté
n. m.
Type de dialogue dans lequel un personnage s'adresse au public sans
qu'un autre personnage présent sur scène n'entende
ce qui est dit. L'aparté est très utilisé dans
la comédie, car il peut provoquer le rire.
Ex:La Flèche, à part : La peste soit de l'avarice
et des avaricieux!
Harpagon: Comment ? que dis-tu?
(L'Avare de Molière)
· Apologue n. m.
Court récit en prose (ou en vers) dont on tire une morale.
Dans l'apologue, la morale est plus importante que l'art du récit
; c'est l'inverse dans la fable.
· Apostrophe n.
f.
Figure de style qui consiste à interpeller une personne vivante
ou morte, présente ou absente, ou encore une notion abstraite.
Dans l'apostrophe, on s'adresse directement à quelqu'un ou
à quelque chose. Elle peut être associée à
la personnification si l'apostrophe s'adresse à une chose.
· Argument n. m.
Un argument est un élément de raisonnement destiné
à prouver qu'une thèse est vérifiée.
Contrairement à l'exemple, l'argument est abstrait, c'est
une idée, une justification.
Un argument n'est valable que s'il est
-clairement formulé
-en lien avec la thèse
-illustré par un exemple précis
-distinct d'un cas particulier (il est général)
· Assonance n.
f.
Ce mot désigne la répétition d'un même
son voyelle dans un énoncé. L'assonance peut être
utilisée pour produire une harmonie imitative.
Ex: «Lève, Jérusalem, lève ta tête
altière» (Racine)
Il s'agit ici d'une assonance en [è]
· Asyndète
n. f.
Figure de style qui consiste en l'absence de liaison entre deux
termes ou groupes de termes en rapport étroit. (ex: bon gré,
mal gré)
On l'utilise pour souligner une relation logique, produire un effet
de contraste, d'accumulation, de désordre, etc.
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